Miscellanées gastronomiques par Emmanuel Renaut et Yann Couvreur : mieux qu’un Nespresso.

by Raphaële Marchal

Elles sont peu nombreuses, ces expériences inédites et renversantes dont vous ressortez complètement ivre de fabulosité. Un spectacle de trapèze, une visite de l’usine Pierrot Gourmand, un voyage au Pérou, une descente en parapente… Autant de raisons de se vanter d’avoir « pris une claque », et de remercier la rareté et l’immensité d’exister.

Récemment, c’est Nespresso et son atelier éphémère qui m’ont littéralement clouée, puis déclouée, puis reclouée, puis re-déclouée au sol, à ma chaise… et aux barreaux de ce studio photo transformé du jour au lendemain en un écrin magique à gastronomie. Une sorte de folle montagne russe sans fin ni forme, avec Emmanuel Renaut et Yann Couvreur en guise de pommes d’amour.

Rétrospection.

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Le lundi 26 janvier, Emmanuel Renaut mettait ses Flocons de Sel sur pause le temps d’un dîner féerique, aux côtés de son équipe et de Yann Couvreur, chef pâtissier du Prince de Galles, accompagné de son second. Ce lieu extraordinaire est devenu, sous nos yeux, une sorte de terrain de jeu sur scène, où le duo monumental s’est essayé (avec briotissisme) à un quatre mains phénoménal, plein de nature et d’émotions.

Le pain, made-in-Mégève, hyper tendre et parfumé, a lui aussi fait le voyage, malin comme un déca qui se ferait passer pour un café.

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Chaque plat, de l’amuse-bouche au dessert, s’est vu courtiser par un Grand Cru de café : Indriya from India ou Volluto. Mais le défi d’un Nespresso rieur ne s’est pas arrêté là puisque Yann Couvreur s’est même prêté au jeu de la cuisine, en signant une entrée particulièrement gourmande.

Bluffante sélection de vins par l’immense Paolo Basso, formidablement représenté par son acolyte au service, malicieux.

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Se sont enchaînés, en une folle farandole caféinée, les sensationnels salsifis / truffe à la simplicité quasi provocante d’Emmanuel Renaut, qui vous aboient à la figure « oui, c’est suffisant », la superbe royale de foie gras du marionnettiste de la pâtisserie Yann Couvreur, et l’irréprochable biscuit de lotte et bisque de brochet du chef floconné, d’une gentillesse au bord du poussif.
(Le plat et le chef). 

Avant de continuer la dégustation sur l’apothéose de ce dîner, je vais me permettre une annonce métaphorifique : boire un café Nespresso, c’est commencer doucement cette petitesse majuscule, en apprivoisant délicatement la mousse du bout des lèvres (les salsifis), puis croquer dans un morceau de chocolat tout doux (la royale), et reprendre une gorgée, à mi-chemin cette fois entre le mousseux et la puissance (le biscuit de lotte).

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Vient ensuite la gorgée du milieu d’une tasse de café, la plus généreuse et la plus assumée, la sans harnais (la mousse) ni filet (le chocolat) : le plat.

Emmanuel Renaut n’aurait pu imaginer plus séduisante démonstration de générosité. Filet et tête de veau / Tarte à la truffe / Pommes soufflées. Du goût à la pelle : hallucinante moelleusité du veau et fabuleux craquant sur cette petite tarte à la truffe sucrée et fondante.

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Très joli finish sur l’Irish Coffee de Yann Couvreur, parfaitement équilibré et habillé d’une superbe meringue feuille, plus récemment découverte sur l’éclatante faisselle à la réglisse du Chef Renaut.

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Un immense merci à Nespresso, à 14septembre et à Romain Raimbault pour cette soirée en parfaite élévation, qui n’est que le premier conte d’une longue série à venir d’histoires que j’ai goulûment vécues, tout au long d’une semaine à Lyon.