Londres, sur place ou à emporter.

by Raphaële Marchal

« What’s worse than finding a worm in an apple? »
« Finding half a worm in an apple? »
« No… rape. »

Il y a une chose que les anglais font encore mieux que l’humour, c’est manger.

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Se lancer dans un petit guide sur Londres fait partie de ces inepties que j’enverrais balader avec dédain si quelqu’un m’en parlait. Londres, en termes de restaurants, c’est dix fois Paris. Les ouvertures, c’est tout les jours. Niveau critique, nos amis (d’ailleurs ennemis) AA Gill et Giles Coren du Sunday Times ont absolument tout couvert, avec insolence, maitrise et précision.

Rivaliser, ce serait comme s’obstiner à boire un bouillon avec des baguettes.

Donc l’idée ici n’est pas de révolutionner la liste des must-eat londoniens, mais de vous faire partager, éventuels futurs voyageurs d’East London à Soho que vous êtes, mes plus gros coups de coeur de la capitale, d’une won-ton soup à un scotch egg en passant par un bar de ligne et du sang de porc au chocolat.

Les classements par quartier, prix ou type de cuisine, c’est very boring. Donc je vais les classer par amour (le love, c’est pas boring). C’est à dire mes amours d’adresses, que je conseillerais autant à Betty Britain qu’à Pascal le Grand Frère.

Et puisque depuis les Golden Blog Awards, j’assume pleinement le nom de ce blog, je vais les noter en oignons. Et bim.

Légende :

Fabuleux, les adresses à côté desquelles, à mon sens, vous ne pouvez pas passer
Les valeurs sûres ! Ces petites adresses, constantes, où vous ne serez jamais déçus
Bons spots, à faire si vous comptez passer du temps à Londres

Pas de deux ou un oignon. Je vous rappelle qu’ici, je ne parle que de ce que j’aime.

LES F****** BRILLIANT

Rochelle Canteen (en photo tout en haut), un restaurant caché dans une école primaire, sans indication aucune, à la cuisine punchy, nette et réconfortante, mon QG. Foncez pour la chicken pie.

The Kitchen Table, caché au fin fond de Bubbledogs, 19 couverts autour d’une cuisine ouverte, complètement ahurissant. Le menu en 11 plats (un mot par plat, sur une feuille A5, j’adore), change tous les jours, j’ai pris une claque à chaque fois.

The River Cafe, italien 1 étoile, au bord de l’eau, grand, speed, aéré. Plats à tomber. Fromage servi après le dessert. Tout ce que j’attends d’un restaurant italien. J’en suis tellement folle que je suis allée jusqu’en Ligurie pour tester le restaurant préféré de Ruth Roger, accessible par bateau uniquement : Da Laura, à Camogli.

The Harwood Arms, pub 1 étoile, chic à l’anglaise, cosy, accueillant. Bar snack largement aussi époustouflant que le menu. Meilleur scotch egg de la capitale (4 pounds), mindblowing desserts.

Andrew Edmunds, minuscule adresse qui s’excuserait presque d’être un restaurant, simple, frais, efficace, le genre d’établissement auquel on ferait bien des bisous.

Yauatcha, déjanté, immense, meilleurs dim sum de Londres, passage obligé.

The Clove Club, quelle prouesse ! Le lieu est d’une beauté renversante, les plats d’une justesse indécente, d’une audace épatante et d’un équilibre exaltant. Histoire de finir en beauté les détenteurs des 5 oignons.

J’y mettrais bien le Fat Duck, mais je n’ai pas encore eu la chance d’y aller. Je ne pense pas, cependant, qu’il soit trop risqué d’y aller sans recommandation. Heston Blumenthal, ses trois étoiles et ses six mois minimum d’attente pour réserver devraient suffire.

LES BLOODY GOOD

Saint John, une institution à East London, où on considère que c’est poli, quand on tue un animal, de le manger en entier. Et moi, comme Fergus, les abats, c’est ma passion. Meilleures madeleine de Londres, soit dit anecdotiquement.

Bocca di Lupo, bar à manger italien, superbe décor et cuisine ouverte très inspirée (tripes à la tomate, pudding au chocolat et au sang de cochon…). Demandez à être au bar.

Locanda Locatelli, italien 1 étoile, plus belle corbeille de pains que j’aie jamais vue ! Foccacia, pâte à pizza, petits pains tomatés, baguette, brioche, accompagnés d’huile d’olive, beurre et fleur de sel, la couleur est annoncée. Côté menu, les assiettes sont joyeuses et maitrisées, très belle approche de l’Italie.

Plum Valley, chinois traditionnel, tout ce que j’aime, parfaite maîtrise des goûts et cuissons, et surtout, clientèle à 90% chinoise. C’est bon signe.

Brawn, bistrot aux influences françaises sur la même lancée, décadent. Cervelle, escargots à la polenta et poire en croûte.

Barrafina, un bar en marbre et des tabourets, des poissons dans tous les sens et des petites assiettes très peps, mais deux heures d’attente en moyenne.

Nopi, israelien, terrible ambiance, chouettes assiettes, vivantes et réveillées, l’adresse qui fonctionnera toujours.

LES VERY DECENT

Phat Phuc Noodle Bar, vietnamien à emporter, trop bon.

Bubbledogs, champagne & hotdogs. Concept fou et très réussi. Carte de champagne aussi longue que celle des hotdogs. J’aime.

Burger and lobster, une idée qui aura suscité beaucoup de débats ! Deux plats, un prix. Burger ou homard, seule décision à prendre. Bien faits, il fallait oser.

Bone Daddie’s, une adresse de ramen noodles à tomber, 10 pounds, très copieux, parfaitement gourmand et réconfortant. Beaucoup de goûts.

Chez Bruce, restaurant français 1 étoile, un sans faute, mais sans surprise.

The Chiltern Firehouse, celle que tout le monde adore détester, somptueux et plutôt bien cuisiné, que les boudeurs calment leurs ardeurs.

Il n’y a rien de pire que d’avoir trop de choix, donc je m’arrête là. Si toutefois vous aviez fait le tour (deux fois), alors essayez Koya Bar, Mari Vanna, Randal & Aubin, J Sheekey, Gymkhana, Sushi Tetsu, Restaurant Story, Hedone et Amber Yard.

En revanche, ne vous attardez pas sur Providores, The Bistrothèque, Apicius et Dinner by Heston.

Voilà, vous savez tout.

Dans la vie, il y a deux choses que j’aime plus que tout :
Londres, et la brioche avec du Saint-Morêt.

J’en partage l’un des deux.

Enjoy matey mates.