Le fabuleux destin du Congrès International des Chefs
by Raphaële Marchal
Solène nous fait partager la fabuleuse aventure qu’ont vécu les chefs à Brooklyn, le temps d’un gargantuesque Congrès International des Chefs, et c’est à la fois fière et ébahie que je vous retranscris, tel quel, son ressenti. Belle découverte à vous.
Vous êtes vous déjà demandé à quoi ressemblerait « un dîner presque parfait » si tous les participants étaient des grands chefs ?
Dans un grand entrepôt de Greenpoint, à Brooklyn, les plus grands se sont retrouvés pour le Congrès International des Chefs (organisé par StarChefs.com) pour s’entre-épater en fumant, grillant, soufflant, mixant tout se qui se mange et se boit… et meme ce qui en théorie, ne se mange pas !
Les cuistots venus d’un peu partout ont pris le thème de cette année, la “cuisine honnête”, plutot au sérieux : ils ont cuisiné sans fioritures, sans petit doigt levé, a même la terre et le fumier, les deux mains dans l’argile.
- Jaime Pesaque est venu du Pérou pour réaliser devant nos yeux ébahis et papilles émoustillées un plat a base de pommes de terres de son restaurant Mayta.
Le Chef a utilisé une méthode de cuisson traditionnelle péruvienne pour ses pommes de terre multicolores : enfouies dans une terre riche en roches volcaniques au dessus duquel un feu est allumé, les pommes de terre cuisent lentement pendant la nuit et absorbent les parfums riches et subtiles de la terre.


Chips de cochon d’Inde, maïs péruvien, piments rocoto au fromage de chèvre et huile d’eucalyptus, accompagnaient à merveille ces petites pommes de terre tendres et parfumées.
- Le Chef Yoshihiro Narisawa (du restaurant Narisawa à Tokyo), apres avoir parlé de respect et de connexion entre la terre, la conscience, l’environnement, les éléments, les arbres et la montagne - oui, bon, cette partie je n’ai pas tout compris, mais ca avait l’air vachement solennel – nous présente sa soupe… de racines et d’argile (entre autres mets étranges d’origine nippone dont un serpent de mer et du pain au goût de forêt) !
Surprenant mais délicieux… Légèrement sucré et terreux, avec une texture fondante.
- Le célèbre Chef américain Grand Achatz, s’inspire directement des déchets industriels de sa banlieue natale de Chicago pour son plat composé de six saveurs locales : la déco est donc composée de boites de conserve et de plaques de béton taguées. #ValerieDamidot
Sucette de maïs au beurre, huitres barbecue, bortsch au hareng, soupe miso de porc et pépins de citrouille et lait de noisette aux truffes du Périgord.
- L’islandais, Gunnar Gíslason, du restaurant Dill, présente un plat plein de subtilité…
L’air amusé, il nous explique que dans son pays de Vikings ou il n’y a rien à brûler, il fallait bien innover pour la cuisson.
Il fume la viande salée (traditionnellement du cheval) avec “la merde des agneaux”. Non pas du fumier, vous avez bien lu, les crottins compactés et séchés (pas trop, il faut garder un certain taux d’humidité pour une cuisson optimale, miam). Qu’est ce que ça donne ? Délicieux ! une explosion de saveurs mystérieuses dans une petite tranche de viande fumée…
Autre plat traditionnel islandais : sel noir, panais sautés, poudre de champignons, algues marinées, et émulsion d’herbes. A la place du sel, les Vikings brûlaient et pilaient des algues pour obtenir ce sel noir.
Et comme si on avait pas assez à manger, ils ont fait venir les restaurants les plus hots des États Unis … sous forme de food cart de fête foraine.
Mention spéciale pour ce plat qui hante mes rêves depuis notre rencontre :
Ravioli de queue de boeuf, curry vert à la pomme et racine madère
Chef Joseph « JJ » Jonhson, The Cecil, NYC
Simple et efficace : “The Slut” ou la décadence gustative.
Oeuf cocotte, purée de pomme de terre, fleur de sel et pain grillé
Chef Alvin Cailan, Eggslut, LA
Savoureux et raffiné :
Moules à la coréene
Chef Joe Isidori, Chalk Point Kitchen, NYC
Bien d’autres chefs m’ont fait saliver cette année, dont Joan Roca (3 etoiles au guide Michelin), le portugais George Mendes du restaurant Aldea, NYC, ou encore Masaharu Morimoto (Iron Chef).. Pour plus d’info sur l’ICC, c’est ici.
Solène,
“I put the yum yum in the tum tum”
@sosobro
Crédit photos StarChefs.com
un air surtout festif, gourmand et déjanté qui fait envie.. de si loin
N’est-ce pas !
Très jolies fêtes et à bientôt,
Raphaële