J’ai mangé Rome

by Raphaële Marchal

J’ai toujours eu du mal à comprendre les gens qui obéissent à cette loi farfelue du « il ne faut jamais porter plus de trois couleurs à la fois ». J’ai de mon côté toujours trouvé plutôt charmants ces garçons qui portent deux chaussures différentes, une chemisette rose framboise écrasée et un noeud papillon vert petit pois.

10425374_10152548298153978_3963117646962915257_n

Il existe cependant, dans ce monde so-fashion-addict, un pays dans lequel cette loi du « trois-couleurs-max » s’applique à merveille, et c’est celui des irrésistibles italiens.

Vous l’aurez compris, je ne parle plus de mode, ici, mais d’assiettes.

L’Italie est la seule à pouvoir vous clouer le bec avec un plat de pâtes au citron. Un… deux… allez, trois ingrédients. Elle est la seule à vous faire aimer la vacuité, avec justesse et malice, voire provocation. Et moi, j’adore qu’on me provoque avec des pâtes au citron.

Alors nous sommes allées nous délecter, Valentine et moi, de cette grisante sobriété, de cette suave humilité, de cette galvanisante simplicité, le temps d’un long week-end à Rome.

Ode, donc, à la simplesse, mais également à la beauté, que rien ne résumera mieux que les termes de Valentine : « ok, donc en fait, à Rome, y’à rien de moche. C’est poussif. »

Oui, c’est poussif. De beau, de frais, d’heureux, de joyeux. Rome, c’est une danse qui ne s’arrête jamais, une bouchée de joie dont on ne voit pas le bout, un festival de « oh, de ahh et de mmmmmhhhh » infini.

En soixante-dix heures, nous avons côtoyé d’irréprochables pâtes à l’oeuf, petits pois et parmesan, une ravissante pizza aux champignons, une bonne quinzaine de dodues bruschettas, une bonne vingtaine de perfect Spritz, quelques délicieuses pana cottas, tiramisus dragueurs et divines tartes chocolat-noisettes, une once de mozzarella et buratta crémeuses, de fins proseccos et robustes Chianti, deux-trois superbes glaces, quelques aimantes pâtes tomates cerises, ail et huile d’olive, et de jouissifs raviolis ricotta épinards.

Mais mon énorme coup de coeur de ce weekend, c’est une tartine chez Vin Allegro. THE tartine. Pain grillé, huile de noix, purée de noix et noix torréfiées. La tartine qui m’a, une fois de plus, rappelé à quel point la règle des « trois-goûts-max » est brillante.

Avant de partir, les connaisseurs de Rome nous avaient dit « le mieux, à Rome, c’est de se perdre ». Comme ils avaient raison ! C’est effectivement en nous perdant, que nous sommes arrivées trop tard pour déjeuner (16h, trop tard ? Scandale), que nous nous sommes liées d’amitié avec la serveuse (notre humour s’est décuplé, à Rome, étonnant), et que nous nous sommes retrouvées à se faire dessiner un plan sur un menu pour aller découvrir une adresse qu’elle et son amore adorent.

J’ai nommé l’incontournable Baguetteria del Fico, qui sert des bruschettas, salades et planches dans une ambiance cave à vin rustique et authentique, donnant sur une petite rue piétonne carte-postalée, qui, au cas où vous l’auriez oublié, vous rappelle avec une évidente mignonnerie que vous êtes bien à Rome.

Coup de coeur numéro trois : Da Francesco, une adresse d’une efficacité fulgurante. J’annonce, vous voudrez absolument tout sur le menu, vous allez adorer le serveur et vous n’aurez plus envie de partir après avoir goûté les pâtes. Jamais. De votre vie.

D’ailleurs, une médaille serait bienvenue, pour avoir eu la maturité de remonter dans cet avion.

Il paraît… qu’il serait de notoriété publique que Rome soit une bonne adresse pour un week-end.

Bon.

Eh bien pour ceux qui l’ignoreraient, peut-être, encore, allez passer un week-end à Rome.

C’est hyper bon.

Vin Allegro, pour la tartine de noix : Piazza Giuditta Tavani Arquati, 114
Baguetteria del Fico, pour les bruschettas : Via della Fossa, 12
Da Francesco, pour les pâtes oeuf, petits pois, parmesan : Piazza del Fico, 29
Frigidarium, pour la glace ricotta - myrtille : Via del Governo Vecchio, 112