Un dîner presque parfait : J’ai gagné !

by Raphaële Marchal

Lorsqu’il s’agit de manger, je n’ai pas pour habitude de faire les choses à moitié. Donc un dîner, pourquoi pas, mais alors avec brunch le lendemain, soyons sérieux.

Démonstration : j’ai passé 10 jours à boulotter, circonspecte et appliquée, sur l’émission institutionnelle et décomplexée d’M6 « Un Dîner Presque Parfait, Spécial Brunch ».

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Topo : une petite poignée d’inconnus s’invitent, jour après jour, à dîner-dormir-bruncher, les uns chez les autres, dans une ambiance authentique, candide et joviale (quoi de plus naturel, ce n’est pas comme si on ne se connaissait pas) mais un peu compét’, quand même.

Non pas que l’idée d’enchaîner 5 apéritifs, 5 dîners et 5 brunchs en 10 jours annonçait d’autre prophétie que grand-bonheur-dans-mon-gosier mais… j’ai hésité.

Peur de tomber sur des gros boulets. Des gros boulets qui trouvent « vraiment hyper original d’avoir mélangé des fraises et du basilic » (je suis très open…) ou qui « adorent les plats qui sortent de l’ordinaire, comme le sucré-salé » (je suis même partenaire de la campagne Come As You Are de McDonald’s).

D’ailleurs, à l’annonce de ma sélection, c’est une véritable bimbeloterie freudienne qui s’est jouée entre mes moi :

– Ça (Boullie Bouffe Tout*): YES!
– Moi (n’a pas suivi le débat) : Chouette je m’occupe du dessert
– Surmoi (shots de pilates et gélules de tofu) : N’y pense même pas, Ça, est-ce que tu te rends compte du carnage calorique (…) »
…mais BBT* n’a pas laissé finir Surmoi. Il gagne toujours, le fourbe.

Balivernes, cessez, il est temps pour le-sujet-sérieux de plastronner : mes débuts de carrière hollywoodienne. Car dans cette émission, chaque candidat est présenté par son «portrait », c’est-à-dire une mise en scène plus ou moins (surtout plus) sur-jouée d’une activité qui le représente. Starlette, pour commencer.

C’est donc un lundi matin que l’équipe a pointé son nez chez La Belette, prête à immortaliser l’éclatante et triomphante saynette factice d’une soirée dégustation en montage. Après une délicieuse introduction gourmande, place au légendaire « ça tourne » et gros plan sur une orgie de fondants, flans, gâteaux basques, tartes au citron et autres petites leçons de diététique, ce qui n’est pas des plus difficiles à jouer. On peut même la refaire, si vous insistez.

Maintenant, pour les plus voyeuristes d’entre vous qui voudraient des dirty gossips sur les coulisses, vous ne saurez rien, je suis une tombe. S’agirait pas d’entamer un nouveau Christopher Hache Scandale, dont les esprits les plus fragiles commencent tout juste à se remettre. Ce que je peux néanmoins vous dire sur cette semaine d’indécence foodiale, c’est que :

– C’était bon (souris d’agneau caramélisée, œufs de poule en brouillade truffée et kougloff lemoncurdé),
– C’était beau (de plumes roses à mini-moutons, les tables auront tout vu),
– C’était drôle (cours de drague, ventriloquie, cavalerie, limousinage, camping, déterrage de poireaux, brouettage, zumbalage et pizza iolage),
– C’était émouvant (si),
– C’était intense (nos cernes, vous le verrez bien assez tôt, parlent d’eux-mêmes).
C’était bien.

Et la bonne nouvelle, c’est que c’était filmé. Alors à vos écrans.