Club des Sucrés : la cuvée du 27 mars
by Raphaële Marchal
Le vendredi vingt-sept mars deux-mille-quinze, au deux cent vingt-huit rue de Rivoli, se passait quelque-chose de beau.
Quelque-chose de très beau.
Le rendez-vous des sucrés, immarcescible initiative de Christophe Adam et Christophe Michalak, est une sorte de mini-festival de Cannes, où seules les palmes d’or seraient invitées. Faire partie du club des sucrés est une démonstration de reconnaissance inouïe pour un pâtissier, et c’est galvanisés par cet entrain qu’ils ont présenté, autour d’un thème donné, leurs créations.
Cédric Grolet, hôte de cette cuvée, recevait la crème de la crème pâtissière chez lui, au Meurice, autour du thème du tea time.
Bulles de champagne qui tintinnabulent, petits gâteaux qui soliloquent, paroles de chefs qui tintamarrent… et place au traditionnel tour de table par les maîtres de cérémonie. Chaque chef raconte son tea time, sous les yeux scruteurs et admiratifs des précurseurs, et rôde dans la salle un silence respectueux, ébahi.
Le club des sucrés, c’est également l’occasion pour des fous de travail de se retrouver, et de s’offrir un peu d’eux-mêmes. C’est leur façon, généreuse et appliquée, de se faire grandir.
En d’autres termes, le club des sucrés, c’est Noël.
Le tea time de Nicolas Bacheyre (et son oeuf de Pâques du tonnerre)
Tour de tables et instants boutades par les deux Christophe, bienveillants.
Il faudra attendre la fin des présentations pour déguster, et le moment venu, Jérome Chaucesse me met en garde : « attention, au club des sucrés, il faut tout goûter ». Cela fait partie des petits ordres dont mes oreilles ne se lasseront jamais.
Le tea time de Christophe Adam (l’horloge) et les sucettes de Yann Brys
A côté des sucettes de Jérôme Chaucesse, le tea time de Nicolas Boussin
Il en existe peu, des clubs comme celui-ci, qui ne réunisse que l’ultime aristocratie de la pâtisserie sans tomber dans un élitisme avilissant. Le club des sucrés respire la transmission et le partage, tire les nouveaux entrés vers le haut et couvre de bijoux ce monde éclatant du sucre, triomphant.
Vive la pâtisserie.

Ça ressemble à une nouvelle féerie de Walt Disney, à un conte merveilleux de Wes Anderson et un après midi rêvé. Les talents s’additionnent et le plaisir se multiplie.