La Grande Maison de Bernard Magrez

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C’est comme si on avait cligné des yeux, d’un battement de cils un peu plus long qu’à l’ordinaire, et qu’à réouverture oculaire, Pierre Gagnaire était là.

Pourquoi ? Peu importe. La chose ne regarde que ceux qui n’ont pas cligné.

Toujours est-il que Pierre Gagnaire a fait de cette grande maison sa maison, et qu’on y est indécemment bien.

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Dès pas de porte de cuisine passé, le chef résonne, de cette voix si croassante et reconnaissable : « elle est très robuchonnienne, cette cuisine », avant de baisser la tête pour dire à la jeune fille au passe, qui vient d’annoncer les plats, « parlez plus fort ».

Quelques instants plus tard, le chef ajoute « sans Jean-Denis, je n’y allais pas ». Son chef exécutif sur place, Jean-Denis Le Bras, et par ailleurs son clone gestuel et vocal, est son fidèle allié dans ce genre de challenge. En quelques mois seulement, la chose est évidente. Le duo est chez lui.

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Il fait bon vivre à la Gagnaire, dans ces assiettes toujours tellement justes, tellement souriantes à la cuisine, aux produits, à la taquinerie parfois. Et belle surprise, si la tendance est au Bordeaux, la carte des vins vit, gigote, change de bords.

En fin de repas, à la table voisine, une dame saisit le chef par le bras et lui dit « Monsieur Pierre, c’était un miracle ».

C’est vrai.

La Grande Maison est immense.

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La Grande Maison
Divinité bordelaise